Bruxelles veut sanctionner financièrement l’Italie

Bruxelles veut sanctionner financièrement l’Italie

La Commission européenne a fait savoir qu’elle allait engager une procédure pour déficit excessif contre l’Italie. La révision du budget italien n’aura pas suffi à convaincre Pierre Moscovici. En effet, les grandes lignes du budget n’ont pas changé et même si le Commissaire européen à l’économie a rappelé que le dialogue est « plus nécessaire que jamais », les deux parties semblent être irréconciliables.

« Il est hors de question de prendre de mesures sans échanger, sans tenter jusqu’au bout de corriger les choses, sans tenter de rapprocher les points de vue » a déclaré Pierre Moscovici aujourd’hui. Un appel au dialogue qui risque de ne pas passer – en tout cas dans un premier temps – puisqu’il vient clore une prise de position hostile de Bruxelles contre l’un de ses Etats membres. L’Italie est dans le viseur économique et financier de la Commission européenne depuis plusieurs semaines et la situation a empiré ce mercredi 21 novembre.

En effet, le climat actuel est à la lutte entre une Commission européenne qui juge le déficit italien de 2,4 % inacceptable et un gouvernement romain qui souhaite relancer la machine économique tout en restant dans les clous de la règle des 3 % de déficit. Or, la Commission reproche désormais deux choses : un déficit trois fois supérieur à ce qui avait été annoncé par le précédent gouvernement italien et une dette qui va dépasser les 130 % du PIB.

Le gouvernement de Guiseppe Conte a bien modifié son budget 2019 après les premières récriminations de Bruxelles, mais les changements ne sont que marginaux. La Commission va donc lancer une procédure pour déficit excessif sans savoir quels seront les effets d’une telle politique. Des sanctions économiques peuvent être finalement prises (0,2 % du PIB italien de 2017, soit 3,4 milliards d’euros), mais elles n’interviendront qu’à la fin d’un long processus au cours duquel il est possible à tout moment de faire machine arrière.

Plusieurs pays ont déjà été sous la procédure d’un déficit excessif. L’Italie déjà et même la France qui détient le record absolu avec neuf années dans l’œil du cyclone européen. Aucune sanction financière n’a jamais été prise jusqu’à aujourd’hui. Les portes de sortie existent donc pour l’Italie à moins que la Commission ne souhaite faire un exemple avec un pays qui a élu un gouvernement très eurosceptique.

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