Loukachenko souffle le froid sur Bruxelles

Loukachenko souffle le froid sur Bruxelles

Invité par Bruxelles au sommet entre l’Union européenne et les pays du Partenariat oriental, Alexandre Loukachenko a fait savoir qu’il ne s’y rendrait pas sans préciser le motif de ce refus. Malgré son absence, le signal est encourageant pour la Biélorussie qui avait été écartée de la scène européenne par une UE réticente à traiter avec le « dernier dictateur d’Europe ». La plupart des sanctions contre la Biélorussie ont été levées en 2016, mais il faudra encore du temps et des efforts pour normaliser tout à fait la situation.

Au pouvoir en Biélorussie depuis 1994, Alexandre Loukachenko n’était plus en odeur de sainteté auprès de l’Union européenne. A la tête d’un régime autoritaire, proche de Moscou, le leader bélarusse revient toutefois sur le devant de la scène avec une invitation pour le prochain sommet Union européenne – pays du Partenariat oriental. L’invitation en question ne sera pas honorée par le président qui a décidé d’envoyer son ministre des Affaires étrangères. Si les tensions ne sont pas complètement apaisées, un responsable européen affirme sous couvert d’anonymat qu’il s’agit de la première invitation adressée directement au Président de la République bélarusse.

Les efforts de l’Union européenne sont donc notables, mais quelle est la stratégie derrière ce revirement ? Les Européens font savoir que la libération de prisonniers politiques par Loukachenko a été un signal très positif bien perçu à Bruxelles. Il existerait donc une opportunité de rapprochement entre l’UE et la Biélorussie. Bruxelles espère-t-il créer une alliance critique de la Russie ? Avec l’Ukraine, la Biélorussie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Moldavie, les Etats du Partenariat oriental comptent déjà quelques adversaires de Moscou. Les résultats du prochain sommet pourraient être particulièrement instructifs sur la marche suivie par tous ces acteurs de la vie géostratégique européenne.

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