Les sites archéologiques grecs ne seront pas privatisés

Les sites archéologiques grecs ne seront pas privatisés

La presse française s’est emballée depuis plusieurs jours au sujet d’une possible vente de sites archéologiques en Grèce. Le pays est toujours en proie à des difficultés financières importantes et le gouvernement d’extrême gauche aurait décidé de se donner de l’air en mettant sur le marché des sites archéologiques et des musées. Une nouvelle qui a fait le tour des rédactions françaises avant d’être fermement démentie par Athènes.

Après les aéroports et les ports, les sites archéologiques ? La crainte des archéologues grecs de voir une partie du patrimoine être privatisée court depuis plusieurs mois. En juin 2018, le gouvernement d’Alexis Tsipras a listé plus de 10 000 biens devant être transférés à un fonds chargé de leur valorisation. Il s’agit de l’ETAD ou société immobilière publique. Une liste pour le moins curieuse puisque le nom des biens est remplacé par des codes. Personne ne sait donc quels sont les bien concernés et les pires craintes se sont emparées de la communauté des archéologues grecs.

L’affaire rebondit le 15 novembre avec la parution dans Le Figaro d’un article d’une nouvelle rapportant la privatisation prochaine de joyaux archéologiques comme le palais de Cnossos et d’incroyables vestiges de l’île de Santorin. L’information circule alors de plus belle en France et le gouvernement grec doit calmer de nouveau les esprits en assurant qu’aucun site archéologique ou musée ne se trouve derrière les codes de la liste de biens à valoriser. Mais la confiance est ténue et la présidente de l’association des archéologues de Grèce, Stamatia Marketou demande que « les sites archéologiques soient exclus nommément » de la liste.

Le ministère grec de la Culture dit y travailler, mais que cela prendra plusieurs mois en raison d’un cadastre qui fait toujours autant défaut dans le pays. Plusieurs garde-fous existent toutefois. La Constitution grecque impose la préservation du patrimoine. Mais cela interdit il une privatisation sous condition de préservation et mise en valeur du patrimoine ? Le second garde-fou consiste en une loi passée sous le gouvernement actuel qui interdit la privatisation de tels biens culturels. Le maintien sous l’égide de la puissance publique semble garanti, mais les Grecs ont appris à se méfier des promesses de leurs dirigeants.

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