Gibraltar : rocher d’achoppement du Brexit ?

Gibraltar : rocher d’achoppement du Brexit ?

Alors que l’accord sur le Brexit trouvé entre le Royaume-Uni et l’Union européenne continue de faire couler beaucoup d’encre outre-Manche, l’Espagne s’impose sur un échiquier déjà bien compliqué. Le gouvernement de Pedro Sanchez craint que l’article 184 de l’accord ne laisse entendre que Gibraltar fait partie intégrante du Royaume-Uni. Une thèse réfutée depuis longtemps par l’Espagne qui revendique la souveraineté de ce petit rocher niché au sud de l’Andalousie.

Après l’épineux dossier de l’Irlande du nord, les négociateurs européens doivent se pencher sur un autre problème territorial. Ces derniers pensaient avoir désamorcé une possible crise au sujet de Gibraltar. L’accord trouvé avec le Royaume-Uni n’a soulevé aucune question dans les jours qui ont suivi, mais le gouvernement espagnol vient de jeter un pavé dans la marre. Josep Borell, le chef de la diplomatie espagnole affirme avoir vu apparaître dans la nuit de mardi à mercredi l’article 184 relatif à Gibraltar. L’article long de six lignes dispose que « l’Union européenne et le Royaume-Uni (…) négocieront la relation future » de ce territoire.

Un article qui pourrait faire capoter l’accord sur le Brexit, car pour l’Espagne, « Gibraltar ne fait pas partie du Royaume-Uni. C’est un territoire colonial ». Madrid revendique Gibraltar depuis de nombreuses années malgré la domination de la Couronne anglaise depuis 1704. Hier, Pedro Sanchez a clairement annoncé la couleur : « Aujourd’hui, j’ai le regret de dire qu’un gouvernement pro-européen comme celui de l’Espagne votera, s’il n’y a pas de changements, non au Brexit ». Une sortie qui a fait réagir l’exécutif de Gibraltar qui explique que le « langage des vétos et des exclusions (…) ne devrait plus exister au sein d’une Europe moderne ».

Du côté de Bruxelles, les réactions sont plus feutrées, car le sujet est délicat et l’exécutif européen souhaite préserver une certaine harmonie afin d’entériner un accord obtenu de haute lutte. Il se dit qu’une solution politique sera trouvée par Michel Barnier et ses équipes avant le sommet extraordinaire du 25 novembre. Le temps presse et le gouvernement madrilène doit aussi tenir compte de la pression des conservateurs qui l’accusent de faiblesse dans cette affaire. Le Brexit capotera-t-il pour un territoire inférieur à 7 kilomètres carrés ? Rien n’est certain et l’impossible devient parfois probable dans un Brexit qui restera décidément dans les annales de la politique européenne et de la diplomatie.

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