Der Spiegel dans la tourmente de la falsification

Der Spiegel dans la tourmente de la falsification

A l’heure où les grands médias se drapent dans le professionnalisme pour faire face aux fake news et critiques des citoyens, les révélations de l’hebdomadaire Der Spiegel risquent de faire très mal. Ce très réputé média allemand a découvert qu’un de ses journalistes vedettes avait falsifié de nombreux articles. De la guerre au Yémen au camp de Guantanamo en passant par les Etats-Unis profonds, Claas Relotius a beaucoup voyagé et surtout fabulé en inventant des histoires et des personnes qui lui ont permis de se hisser au top du journalisme.

Il faut vérifier ses sources et les faits. Cette obligation qui s’adresse aux journalistes et aux citoyens souhaitant éviter de tomber dans les fake news n’a semble-t-il pas été entendu par Claas Relotius. Elu Reporter de l’année début décembre, titulaire du prix CNN de journaliste de l’année 2014, le reporter de 33 ans avait l’envergure d’un grand journaliste. Sujets intéressants, interviews passionnantes, Claas Relotius a pourtant été confondu par l’un de ses collègues avec qui il a travaillé sur un sujet lié à la frontière américano-mexicaine. Des éléments troublants, des méthodes de travail peu communes et après une enquête interne il s’est avéré que le journaliste primé par ses pairs avait plus la carrure d’un romancier que d’un journaliste.

L’homme a avoué avoir falsifié une quinzaine de ses articles pour Der Spiegel et l’enquête en cours doit faire la lumière sur les quarante autres papiers désormais soupçonnés à raison de n’être que des inventions. Le mauvais procédé a été le moteur de sa jeune carrière puisqu’il aurait décidé d’inventer des faits et des citations dès lors que le sujet devenait compliqué ou pas assez intéressant. Relotius crie aujourd’hui à l’aide, car il se dit « malade ».

Pour le moment, ce sont les lecteurs de Der Spiegel et de deux autres médias allemands où Relotius a sévi qui ont comme une impression de nausée. D’un Yéménite devenu fou à cause de quatorze années de détention à Guantanamo en passant par une Américaine adepte des exécutions de détenus condamnés à mort, bien des histoires ont été complètement imaginées. Confronté à la pression en raison de ces premiers succès (immérités), le journaliste affabulateur a fait beaucoup de mal à une profession déjà en souffrance. La crise de confiance avec les lecteurs existe depuis plusieurs années et si c’est l’hebdomadaire Der Spiegel qui a rendu compte de la supercherie, il sera difficile de ne pas s’attirer des critiques nouvelles notamment en ce qui concerne le traitement de théâtres extérieurs comme la Syrie.

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