Le Parlement arménien reconnaît le génocide des Yézidis

Le Parlement arménien reconnaît le génocide des Yézidis

Le 16 janvier 2018, le Parlement arménien a voté un texte qui reconnaît et condamne le génocide des Yézidis en Irak. Eliminés et mis en esclavage par les terroristes de l’Etat islamique à partir de 2014, les Yézidis ont subi une politique génocidaire déjà mise en lumière par le Gouvernement des Etats-Unis. L’Arménie est le premier pays à reconnaître officiellement le génocide des Yézidis. Une démarche louable, mais aussi très politique aux arrières pensées bien visibles.

Combien de Yézidis ont-il succombé à l’horreur djihadiste au Levant ? Aucun chiffre officiel n’est pour le moment disponible, mais au regard de l’ampleur des massacres et la volonté de réduire à néant une population aux croyances vieilles de plus de 4 000 ans, le terme de génocide s’est rapidement imposé. Il est désormais marqué du sceau officiel du Parlement arménien qui reconnaît et condamne les atrocités commises par l’EI contre les Yézidis.

Cette reconnaissance officiel de l’Etat arménien a une portée très politique dans un pays où les Yézidis forment la plus importante minorité ethnique avec 50 000 membres. Le texte de loi a d’ailleurs été porté par Rustam Makhmudian, l’unique Yézidi siégeant au Parlement arménien. Mais contrairement aux apparences, il ne s’agit pas d’un texte communautaire puisqu’il a été adopté à l’unanimité. Le message dépasse les frontières culturelles et étatiques. Un objectif important pour un peuple arménien qui a aussi dû faire face à un génocide en 1915 de la part des Turcs. Plus d’un siècle après, cette période noire reste un élément de tensions entre les deux pays et l’Arménie pousse à la reconnaissance de différents génocides à travers le monde afin de confronter les génocidaires à leurs actes.

Une cinquantaine de charniers avec des victimes Yézidis ont été découverts et il si les djihadistes sont presque annihilés sur le plan militaire, beaucoup de minorités notamment chrétiennes restent en danger au Levant. La communauté internationale devra se montrer particulièrement vigilante afin d’éviter de nouveaux massacres de grande ampleur.

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