L’opposition politique vue par Poutine

L’opposition politique vue par Poutine

Candidat à sa propre réélection, Vladimir Poutine a eu l’occasion de défendre son bilan lors d’une conférence de presse annuelle réunissant environ 1 000 journalistes russes et étrangers. Naturellement interrogé sur les élections à venir, le président russe a souligné la faiblesse de l’opposition qui n’a pas de « programme clair ». Il a mis en garde contre la montée des troubles en faisant référence à ce qui se passe actuellement à Kiev.  

Crédité de 75 % des suffrages selon le dernier sondage publié, Vladimir Poutine est certain d’être réélu en mars prochain. Cette certitude vient notamment du fait qu’aucune opposition solide et rassemblée ne semble pouvoir faire face au maître du Kremlin. Ils sont quatre à avoir annoncé leur candidature (le dépôt officiel des candidatures aura lieu dans quelques jours. Vladimir Jirinovski, Grigori Lavlinski, Alexeï Navalny et Ksenia Sobtchak sont sur la ligne de départ. Pourtant au moins deux d’entre eux ne sont pas certains de pouvoir concourir.

Présente dans la salle de conférence, Ksenia Sobtchak, fille de l’ancien maire de Saint-Pétersbourg s’est adressée directement à Vladimir Poutine pour exprimer sa frustration. « Les candidats de l’opposition ne sont pas autorisés à participer [à l’élection], soit on les en empêche, soit on leur crée des problèmes » a-t-elle déclaré au début de sa prise de parole. Elle a défendu la cause d’Alexeï Navalny « contre lequel des affaires pénales factices ont été créées, ce qui a été reconnu par la Cour européenne des droits de l’homme… » et qui ne peut donc pas légalement participer à l’élection en raison d’une condamnation pénale. Ksenia Sobtchak a également évoqué ses propres difficultés comme la location de salles pour organiser des meetings.

Des flèches qui ont été suivies d’une réponse offensive de la part du président russe qui a dénoncé le vide des programmes de ses adversaires et la tendance de certains à vouloir créer le chaos. En citant plusieurs fois le nom de Saakachvili, ancien président géorgien aujourd’hui bête noire des autorités ukrainiennes, Vladimir Poutine a bien fait comprendre que sa priorité était de maintenir l’ordre. « Vous voulez que de tels Saakachvili déstabilisent la situation dans le pays ? Que nous vivions d’un Maïdan [place du soulèvement ukrainien de 2014] à l’autre ? Que nous subissions des tentatives de coup d’Etat ?, a-t-il poursuivi sur un ton offensif. Je suis sûr que l’écrasante majorité des citoyens russes ne le veut pas et ne le permettra pas » a déclaré le président russe.

Nul doute que son opinion sera partagée par une majorité le 18 mars prochain. La seule interrogation est de connaître l’importance de l’opposition face à un pouvoir quelque peu érodé (Poutine n’est officiellement candidat d’aucun parti suite aux déboires de Russie unie), mais encore très solide.

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