Derniers espoirs d’une coalition Jamaïque pour Merkel

Derniers espoirs d’une coalition Jamaïque pour Merkel

Une carrière politique peut se jouer à rien. Chancelière depuis 2005, Angela Merkel est au bord du précipice. Soit elle réussit à faire avancer un attelage baroque constitué des Verts, des libéraux et de la CDU, soit elle échoue et se sera un camouflet sous forme de mise à la retraite pour celle qui a toujours surmonté les embuches politiques depuis plus d’une décennie. La coalition Jamaïque où la voie royale pour les populistes. Telle est l’alternative proposée par Merkel et les éditorialistes allemands.

Le consensus à l’allemande a du bon, mais quand aucune solution n’est trouvée, le blocage peut virer rapidement à la paralysie et, en l’espèce, à des élections législatives anticipées redoutées de tous. Depuis un mois, les trois familles politiques que sont la CDU, les Verts et les libéraux négocient afin de former une coalition dite Jamaïque en référence aux couleurs de ces formations. Des négociations qui n’ont accouché d’aucun résultat concret et qui pourraient finalement être un échec d’ici à la fin de la semaine.

Le temps s’accélère, car les nombreux points de divergence ne sont pas tous résolus. Ainsi, les négociations tendent à se terminer chaque jour un peu plus tard comme hier où elles se sont finalement conclues vers quatre heures du matin. De longues séances, mais des oppositions fondamentales quant à la politique migratoire et économique. Les ultimes discussions devraient avoir lieu samedi et dimanche si rien n’est arrêté aujourd’hui.

 

La ferme volonté de poursuivre le dialogue est compréhensible pour une Merkel qui joue un quatrième mandat et son avenir politique. Un échec pourrait signifier la fin de sa carrière d’autant plus que les observateurs prédisent un raz-de-marée populiste (il faut comprendre d’extrême droite) en cas d’élections anticipées. Une coalition Jamaïque regrouperait 52,5 % des parlementaires. Après de nouvelles élections anticipées, ce chiffre pourrait bien descendre en dessous des 50 %. Une fin bien peu reluisante pour celle qui préside les destinées de l’Allemagne depuis treize ans.

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