L’Ukraine crée une Eglise autocéphale

L’Ukraine crée une Eglise autocéphale

Le schisme entre les orthodoxes ukrainiens et russes est désormais consommé avec l’annonce par Kiev de la création d’une Eglise autocéphale. Un concile d’ecclésiastique en est arrivé à cette solution en réponse au conflit qui oppose l’Ukraine et la Russie depuis 2014. Officiellement soutenues par le Patriarcat de Moscou, les actions militaires menées par Moscou ont semé le trouble au sein de la famille orthodoxe. Kiev espère ainsi quitter définitivement une influence russe considérée comme néfaste.

Après 322 années de tutelle religieuse russe sur l’Ukraine, ce pays a pris son indépendance à l’issue d’un concile historique. Ce dernier s’est tenu dans une cathédrale de Kiev en présence du chef de l’Etat ukrainien. Petro Poroshenko n’a pas caché sa satisfaction de voir une décision religieuse de première ordre aux conséquences également très politiques. Le président ukrainien a affirmé que « ce jour sacré entrera dans l’histoire comme celui de la création d’une Eglise autocéphale unie en Ukraine. Jour de notre indépendance définitive de la Russie ».

Plusieurs milliers de fidèles ont bravé le froid afin de vivre au plus près de ce moment historique. La création d’une Eglise autocéphale n’a cependant pas fait l’unanimité puisque une branche de l’église ukrainienne a réaffirmé sa loyauté à Moscou et a déclaré le concile « illégal ». Une position conforme à la ligne de l’Eglise orthodoxe russe qui a assure que la décision ukrainienne est « nulle ». Le porte-parole du Patriarcat de Moscou, Nicolaï Blachov explique plus précisément que « L’importance canonique de ce rassemblement de personnalités de toute sorte, présidé par un évêque venu de France et qui ne comprend pas un mot d’ukrainien et par le Président d’un pays où, conformément à la Constitution, l’Église est séparée de l’État, est nulle ».

Pourtant ce « concile de réconciliation » s’est tenu après l’autorisation du Patriarcat de Constantinople en octobre dernier. Le président ukrainien s’est montré très actif dans cette affaire et en a fait un argument massue de sa campagne en vue de la prochaine présidentielle. « Je garantis que le pouvoir respectera le choix de ceux qui décideront de rester » au sein du Patriarcat de Moscou. Il « protégera » ceux qui décideront de l’abandonner. Il n’est pas certain que ce coup politico-religieux suffise à sauver le siège d’un président très contesté en interne.

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