La COP24 se conclut sur un accord a minima

La COP24 se conclut sur un accord a minima

La 24e Conférence des Parties sur le climat s’est finalement conclue sur un accord après de longues négociations parfois très techniques. Les 196 pays présents ont approuvé les moyens de mise en œuvre de l’Accord de Paris de 2015 sans toutefois relever les ambitions affichées il y a trois ans. Un accord a minima donc, qui permet aux Etats de sauver la face malgré l’indignation des ONG.

La COP24 qui s’est tenue à Katowice (Pologne) du 3 au 14 décembre n’aura pas été une sinécure pour les participants. Considérée comme une conférence assez technique, cette réunion de 196 Etats aura été l’objet de nombreuses pressions politiques qui n’auront pas permis de rehausser les ambitions de tous. C’était pourtant l’un des principaux enjeux plusieurs semaines après la publication d’un nouveau rapport alarmant du GIEC. Les scientifiques sont parvenus à la conclusion qu’une hausse de 2°C des températures aurait de bien fâcheuses conséquences par rapport à une hausse modérée à 1,5°C. Pour viser une augmentation de seulement 1,5°C, les scientifiques du GIEC expliquent qu’il faudrait baisser de 50 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 (par rapport à 2010). Un pas important puisque les engagements actuels sont de nature à enrayer la hausse des températures à hauteur de 3°C.

Le tableau était donc connu de tous les participants, mais la COP24 n’aura finalement pas réussi à accélérer le mouvement de décarbonisation. Il faut dire que les Etats-Unis, la Russie et l’Arabie saoudite ont refusé de signer la décision finale si les conclusions du GIEC avaient été accueillies « favorablement ». Le ton était donné et les Etats les plus désireux de trouver un accord ont alors compris que seule la rédaction d’un « mode d’emploi » relatif au suivi des objectifs étaient un but atteignable. De ce point de vue, la mission est réussie et les pays en voie de développement ont reçu la permission d’avoir une certaine flexibilité.

Les ONG n’ont pourtant pas goûté l’attitude de plusieurs Etats qui comptent beaucoup dans le jeu international. Même le pays hôte, la Pologne, a été l’objet de critiques récurrentes au cours de l’événement. L’ONG Christian Aid a ainsi résumé l’activité de Varsovie en ces termes : « Que ce soit la perversité de l’utilisation de cette réunion comme une foire commerciale pro-charbon (…) ou le manque d’intérêt pour des conclusions ambitieuses, on ne se souviendra pas d’eux avec tendresse ». D’une manière générale, c’est la déception qui règne du côté d’ONG qui regrettent le manque d’intérêt des Etats pour une question climatique pourtant essentielle. Un proche avenir dira si cette déception est pleinement justifiée ou non.

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