Une loi travail hongroise qui ne passe pas

Une loi travail hongroise qui ne passe pas

Viktor Orban et le Fidesz sont contestés depuis plusieurs jours par la rue en raison de l’adoption d’une loi relative au travail. Selon le texte qui a obtenu une majorité de votes au Parlement, un employeur pourra désormais exiger de son salarié 400 heures d’heures supplémentaires chaque année. Le président a défendu cette loi en insistant qu’elle permettra de gagner plus pour ceux qui le souhaitent. Un discours attaqué par l’ensemble de l’opposition et des milliers de manifestants.

Entre la France et la Hongrie, les parallèles se multiplient depuis ces derniers temps. Les deux pays sont rivaux sur la scène européenne avec des leaders dont les conceptions politiques que tout oppose, mais leurs populations réagissent de manière assez semblable aux mêmes problèmes. En 2016, la loi Travail en France a créé de grosses tensions sociales et a malgré tout été adoptée. Deux ans plus tard, c’est à la Hongrie de connaître la même trajectoire. Un texte approuvé par le Parlement, mais contesté (de manière violente) dans la rue. Les jours se suivent à Budapest où plusieurs milliers de manifestants s’en prennent à la police en appelant le président Orban à la démission.

La colère est vive, car le texte est perçu comme une grave remise en cause du droit des travailleurs. Pour faire face à un manque de main d’œuvre (le pays est au plein emploi et accueille peu d’immigration), Viktor Orban a conçu un texte qui permet à un employeur d’exiger 400 heures supplémentaires par an à chacun de ses salariés. C’est beaucoup et semble-t-il beaucoup trop puisque cela représente pas moins de deux mois de travail. La loi a été vendue politiquement comme un moyen de gagner plus. Le message ne passe pas et met dans une situation inconfortable un pouvoir qui se doit d’être fort pour résister aux assauts réels ou supposés de l’opposition.

Viktor Orban est au pouvoir depuis 2010 et affiche une politique très eurosceptique. En bras de fer permanent avec Bruxelles, l’homme fort de la Hongrie pourrait bien être amené à renoncer à un texte pourtant voté si la situation dégénère dans la rue. C’est là qu’intervient l’autre parallèle avec la France. L’actuel gouvernement français vient de renoncer à l’augmentation de la taxe carbone après un mois de contestation sociale et parfois de violences. La violence est d’ores et déjà présente dans les rues de Budapest. Il reste à savoir qui sortira vainqueur politiquement de cette opposition non parlementaire.

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