UE – Royaume-Uni : un accord sur le Brexit contesté

UE – Royaume-Uni : un accord sur le Brexit contesté

Theresa May a finalement remporté son premier pari : conclure un accord de sortie avec l’Union européenne. L’annonce a été faite le 13 novembre et constitue une victoire de taille pour une Première ministre critiquée très fortement au sein même de la majorité. Des critiques qui redoublent même avec cinq démissions au sein du gouvernement dès l’annonce de l’accord. La colère gronde et Theresa May pourrait bien perdre sa majorité au Parlement.

Le Royaume-Uni et l’Union européenne ont enfin réussi à s’entendre sur un texte de sortie de l’UE. Le document long de 585 pages est le fruit d’âpres négociations qui auront duré pendant plus d’un an. La tâche est accomplie pour Theresa May, mais sa mission se complique peut-être encore. En effet, l’accord ne convient pas du tout à une partie de la majorité de May et cinq de ses ministres ont préféré démissionner afin de dénoncer un texte qu’ils désapprouvent. Le coup est d’autant plus dur pour la Première ministre que le ministre en charge du Brexit fait partie des démissionnaires.

C’est le second ministre en charge de la sortie de l’Union européenne à donner sa démission. Ces nouveaux départs illustrent la crise qui pourrait s’annoncer létale pour la majorité. En effet, l’accord doit être adopté à la Chambre des Communes où l’actuelle majorité risque fort de voler en éclats. Selon certaines estimations, il manquerait environ 80 voix pour que le texte soit adopté par les parlementaires britanniques. La question nord-irlandaise continue de poser problème tout comme les droits de douanes. Le texte prévoit que le Royaume-Uni se pliera aux droits de douanes décidés à Bruxelles sans avoir la possibilité de faire entendre sa voix sur cette problématique dans la mesure où Londres n’appartiendra plus à l’UE. Une position bancale qui fait bondir de nombreux députés britanniques.

De leur côté, les dirigeants européens doivent valider le texte à l’occasion d’un sommet extraordinaire qui se tiendra le 25 novembre. Là, le vote semble beaucoup plus assuré. Selon toute vraisemblance, il n’y aura pas de possibilité d’un autre accord en cas d’échec au Parlement britannique. Soit les Britanniques acceptent le texte tel qu’il se présente aujourd’hui, soit ils prennent le risque d’une sortie de l’Union européenne sans accord. Une perspective que commencent déjà à intégrer les marchés. La livre sterling est chahutée depuis plusieurs heures et ravive les craintes d’un hard Brexit aux conséquences difficiles, mais difficilement quantifiables.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.