Référendum en Turquie : la campagne pour le non n’a pas eu lieu

Référendum en Turquie : la campagne pour le non n’a pas eu lieu

La voix des opposants à l’élargissement des pouvoirs confiés au président turc n’a pas pu se faire entendre avant le référendum prévu ce dimanche.

Les dirigeants turcs n’ont pas hésité a qualifié les partisans du non au prochain référendum de « terroristes ». Ces derniers n’ont d’ailleurs pas eu droit à de grandes campagnes d’affichages publicitaires et ont été bannis des programmes télévisés. Ceux-ci ont dû bricoler une campagne avec le strict minimum en vue du vote de ce dimanche 16 avril, date à laquelle le peuple turc choisira d’accorder plus de pouvoir au président en exercice, Recep Tayyip Erdogan.

Temps de parole inégal

Dès le lancement de la campagne, le parti de la Justice et du développement (AKP, islamo-conservateur, au pouvoir) a promulgué un décret n’autorisant pas un temps de parole égal. Raison évoquée : l’état d’urgence mis en place depuis le coup d’Etat manqué de juillet 2016.

Si les affiches en faveur du oui trônent haut dans les rues de la plupart des villes du pays, pour trouver le non, il faut regarder par terre, où des autocollants ont été accrochés aux trottoirs.

De nombreux rassemblements en faveur du non ont également fait un four ou tourné au vinaigre. Le 22 mars dernier, Meral Askener, dissidente du Parti d’action nationaliste (MHP), a été forcée d’interrompre un meeting qu’elle tenait dans la province de Nigde après qu’une foule en colère ait pris à partie ses partisans.

Au mois de février, alors qu’elle débutait son discours à l’Hôtel Kolin de Canakkale, c’est l’électricité qui avait été coupée par la direction de l’établissement. Une décision prise après les remontrances que cette dernière avait reçu pour avoir loué la salle à des opposants.

Des opposants en prison

Des faits qui témoignent de la quasi-impossibilité de faire campagne à armes égales dans le pays. Du moins pour les personnes libres de circuler, cela devient tout bonnement impossible lorsque ses leaders sont enfermés, comme ceux du Parti démocratique des peuples (HDP, pro-kurde), dont treize députés et des centaines de cadres sont derrière les barreaux.

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