Bras de fer budgétaire entre Bruxelles et Rome

Bras de fer budgétaire entre Bruxelles et Rome

C’est non ! L’Italie ne changera pas son budget 2019 présenté à la Commission européenne et l’a fait savoir aujourd’hui. L’exécutif romain privilégie donc un choc frontal avec une Commission qui a tour à tout encouragé et menacé l’Italie afin que celle-ci amende son budget. Les deux acteurs se retrouvent donc au pied du mur et une procédure pour déficit excessif pourrait être enclenchée par Bruxelles. Un engrenage incertain, dangereux et qui prendra beaucoup de temps.  

Le Vice-Premier ministre italien, Luigi DI Maio a mis fin à un semblant de suspens en annonçant ce matin que « le budget ne change pas, ni dans les bilans ni dans la prévision de croissance. Nous avons la conviction que ce budget est celui dont le pays a besoin pour redémarrer ». C’est donc une fin de non recevoir qu’envoie le gouvernement italien à une Commission européenne qui lui avait demandé de revoir sa copie le 23 octobre dernier.

Dans le budget 2019 présenté par le gouvernement italien, il est prévu une croissance de 1,5 % et un déficit de 2,4 %. Des prévisions jugées trop optimistes par Bruxelles qui craint une croissance de seulement 1,2 % et un déficit au-delà de 2,9 % en 2019 et de 3,1% en 2020. Le ministre italien de l’Economie, Giovanni Tria, reste sur ses positions, mais se veut diplomate dans une lettre adressée à la Commission. Les 2,4 % de déficit sont décrits comme une « limite infranchissable » et il demande l’application de la flexibilité pour des événements exceptionnels. L’effondrement du pont Morandi à Gênes et les intempéries qui ont frappé l’Italie ces dernières semaines sont ainsi retenus par le ministre comme des événements exceptionnels susceptibles d’amender le budget.

Toutefois, rien ne change sur le fond et Rome va peut-être devoir subir une procédure pour déficit excessif. Cela pourrait aboutir à des sanctions financières de l’ordre de 0,2 % du PIB soit 3,4 milliards d’euros. Une telle conclusion reste plus qu’incertaine, car les délais nécessaires sont tels que les élections européennes auront déjà conduit au renouvellement de la Commission européenne. De plus, d’autres pays pourraient mettre fin à la procédure et aider ainsi le gouvernement italien à gagner son bras de fer contre Bruxelles.

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