Accord historique sur la mer Caspienne

Accord historique sur la mer Caspienne

La mer Caspienne est-elle vraiment une mer ? Cette question quasi-philosophique a été discutée depuis vingt ans par les Etats bordant cette étendue d’eau plus grande que l’Allemagne. Avant la chute de l’URSS la mer Caspienne était partagée entre l’Union soviétique et l’Iran. Depuis 1991, ce sont cinq pays qui ne sont pas d’accord sur le statut de la Caspienne et par conséquent sur les possibilités d’exploiter ses ressources. Le point d’interrogation est désormais levé et semble ravir tous les Etats signataires.

Pétrole, gaz et caviar. Voici le trio infernal qui suscite toutes les convoitises des cinq Etats bordés par la mer Caspienne. L’éclatement de l’Union soviétique a donné naissance à l’Azerbaïdjan, au Kazakhstan, au Turkménistan et à la Russie. Quatre Etats aux ambitions divergentes qui doivent composer avec un autre acteur majeur : l’Iran. Ainsi, les négociations pour déterminer la nature juridique de la mer Caspienne se sont étalées sur vingt ans. Les experts de toutes sortes voyant leurs arguments être retenus ou rejetés en fonction des intérêts des diplomates.

Réunis à Aktaou (Kazakhstan), les dirigeants de ces cinq pays ont signé un accord historique. Le président Kazakh, Noursoultan Nazarbaïev a bien pris soin de souligner l’importance de cet événement : « Nous pouvons dire qu’un consensus sur le statut de la mer a été difficile à atteindre et qu’il a pris du temps, les pourparlers se sont échelonnés sur vingt ans et ont nécessité des efforts importants et conjoints des parties impliquées ».

Des efforts finalement récompensés qui satisfont tous les protagonistes. Si l’accord ne tranche pas vraiment sur le statut de la mer Caspienne, il indique clairement ce qu’il est possible de faire par les pays signataires. Ainsi, il est possible pour chaque Etat de construire des pipelines. Un point central pour le Turkménistan qui entend relier sa production à l’Azerbaïdjan par voie sous-marine. L’Iran et la Russie ont obtenu qu’aucun pays hors de la zone de la Capsienne ne puisse mouiller dans ses eaux. La Caspienne ne sera pas un « lac russe », mais ne sera pas le jouet de puissances militaires étrangères non plus.

La grande majorité de la Caspienne reste commune à tous les Etats la bordant et des quotas de pêche ont été fixés pour chaque pays. Les formidables ressources de cet mer unique au monde (50 milliards de baril de pétrole, et 3 000 000 milliards de m3 de gaz naturel) pourront ainsi être exploitées, a priori, sans risque de disputes.

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