Le salaire minimum va augmenter de 22 % en Espagne

Le salaire minimum va augmenter de 22 % en Espagne

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a annoncé une hausse du salaire minimum (SMI) qui prendra effet dès le mois de janvier 2019. Il ne s’agit pas de suivre l’inflation ou de donner un petit coup de pouce comme se permettent parfois les gouvernements. L’exécutif espagnol a décidé de frapper fort avec une augmentation de 22,3 % du SMI. Une petite révolution qui ne surprend personne – la mesure était dans le programme de Pedro Sanchez – mais qui fait grincer des dents.

Pedro Sanchez a annoncé hier que son gouvernement allait augmenter le salaire minimum en Espagne de manière historique. En effet, ce sont 22,3 % de hausse qui sont annoncés, soit la revalorisation « la plus importante depuis 1977 ». Le Premier ministre entend rappeler à tous les Espagnols qu’il dirige un gouvernement socialiste même si aucune majorité parlementaire ne le suit pour le moment à ce sujet. C’est pourquoi il a décidé d’une augmentation via un décret-loi qui sera approuvé en Conseil des ministres le 21 décembre prochain. La décision a fait l’objet d’un accord préalable avec le mouvement Podemos et elle coûtera la bagatelle de 340 millions d’euros à l’Etat selon les calculs de l’exécutif.

La gauche espagnol signe donc une mesure phare au grand dam du patronat qui n’a pas eu son mot à dire dans cette affaire. Les représentants des dirigeants d’entreprise estiment qu’une telle hausse va provoquer des licenciements et augmenter le travail illégal. Un mauvais coup pour l’économie auquel ne croit pas Pedro Sanchez qui affirme qu’ « un pays riche ne peut pas avoir de travailleurs pauvres ». Ce sont 1,3 millions de travailleurs qui sont directement concernés par une hausse du SMI qui leur permettra de toucher 1 050 euros par mois. A ce contingent, s’ajoutent environ 700 000 travailleurs agricoles et 400 000 femmes de ménage qui bénéficieront d’une hausse du SMI horaire.

Enfin, pour le gouvernement, cette mesure est également un moyen de couper l’herbe sous le pied des populistes. L’entrée au Parlement andalous, le 2 décembre, du parti d’extrême droite Vox a constitué un choc pour la classe politique espagnole. Vox n’a recueilli que 11 % des suffrages, mais c’est un score déjà important dans un pays marqué par la dictature franquiste. Les partis traditionnels savent que le monde change et qu’ils ne sont pas à l’abri d’une tempête politique. Pedro Sanchez espère s’en prémunir en ayant le sens politique de suivre son programme qui l’a amené à la direction de l’Etat.

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