Brouille entre Ankara et Paris au sujet de Khashoggi

Brouille entre Ankara et Paris au sujet de Khashoggi

L’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi continue de faire réagir à l’international et crée paradoxalement des tensions entre des pays susceptibles de s’entendre. Ainsi, la France a accusé la Turquie de se livrer à « jeu politique » avec la mort de Khashoggi. Une sortie qu’Ankara n’a pas du tout appréciée et qui a confirmé avoir partagé avec les services français les enregistrements de l’assassinat du journaliste au consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul.  

Jean-Yves Le Drian est avare en paroles alors lorsqu’il affirme que la Turquie se prête à un « jeu politique » au sujet de l’assassinat de Jamal Khashoggi, les réactions ne tardent pas. L’attaque contre Ankara fait suite aux affirmations du président turc relatives au partage d’informations précises sur la mort du journaliste saoudien le 2 octobre dernier. Recep Tayyip Erdogan a confirmé que des preuves précises ont été partagées avec Paris. « Nous avons donné les enregistrements, nous les avons donnés à l’Arabie saoudite, nous les avons donnés à Washington, aux Allemands, aux Français, aux Anglais ». Une affirmation à laquelle le ministre français des Affaires étrangères a répondu par un lapidaire « Pour l’instant, je n’ai pas connaissance » d’une telle chose.

Entre l’absence de connaissance et l’attaque vis-à-vis d’Ankara, il y a un monde que Jean-Yves Le Drian a franchi en évoquant un « jeu politique » turc. Or, le Premier ministre canadien met indirectement à mal le chef de la diplomatie française a confirmant que ses services ont pu avoir accès aux enregistrements du meurtre grâce à une collaboration étroite avec la Turquie. Jean-Yves Le Drian n’a pas réagi depuis les propos tenus par Justin Trudeau, mais une réponse devrait avoir lieu à un moment ou l’autre après que les autorités turques aient enfoncé le clou.

En effet, le directeur de la communication de la présidence turque estime que « les dernières remarques du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, sur la manière dont la Turquie gère le meurtre de Jamal Khashoggi ne reflètent pas la réalité ». Le même directeur de la communication « confirme que des preuves liées au meurtre de Khashoggi ont également été partagées avec les institutions concernées du gouvernement français. Le 24 octobre, un représentant des services de renseignement français a écouté l’enregistrement audio » et a eu accès à « des informations détaillées ». Des précisions qui mettent à mal la position française et qui vient souligner une possible volonté de Paris ne pas se brouiller avec Ryad quoi qu’il soit arrivé au consulat d’Istanbul. Une position qui pose des questions et qui commence à entraîner des brouilles avec la Turquie et peut-être demain d’autres pays.

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