Vers un accord de paix entre la Russie et le Japon ?

Vers un accord de paix entre la Russie et le Japon ?

Vladimir Poutine est réputé être un excellent tacticien. Cela signifie qu’il n’est pas avare de surprises dans le domaine de la diplomatie. En ce mercredi 12 septembre, la surprise a été grande puisque le président russe a proposé au Japon une paix « sans condition préalable ». Soixante-dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les deux pays n’ont toujours pas conclu de paix même si le fracas des armes n’a plus retenti depuis 1945. La main tendue sera-t-elle serrée ? Et quel sera le sort des îles Kouriles le cas échéant ?

Présent au sommet de Vladivostok – Extrême Orient russe – le président Poutine a su conquérir un public international en quelques secondes. Accompagné des présidents chinois et sud-coréen, le chef d’Etat russe a lancé une proposition inattendu au Japon : une paix « sans condition préalable » qui serait signée d’ici à la fin de l’année 2018. Une invitation très applaudie notamment par les nombreux hommes d’affaires japonais qui ont fait le déplacement à Vladivostok. L’annonce est d’autant plus surprenante que le président russe avait jusque-là toujours temporisé sur cette question en raison de l’épineux problème des îles Kouriles.

Ces quatre îles situées au nord du Japon sont l’objet de disputes russo-japonaises depuis la fin du XVIIIe siècle. « Découvertes » par des marins russes, elles sont rattachées à l’empire tsariste avant d’être données au Japon en 1855 par un traité conclu entre les deux pays. Quatre-vingt dix ans plus tard, en 1945, les troupes soviétiques s’emparent des îles Kouriles alors que la Seconde Guerre mondiale vit ses derniers instants. Depuis, le Japon revendique ses îles riches en minerais et en poissons.

La Russie fait la sourde oreille d’autant plus que les îles Kouriles constituent un avantage stratégique pour les navires militaires russes. Sous domination russe, cet ensemble permet de faire de la mer d’Okhotsk, un « lac russe ». Les premières réactions japonaises sont toutefois timides et Tokyo attend de voir ce que le président russe a exactement en tête. Il sera toutefois difficile de conclure une paix entre les deux pays sans que la question des îles Kouriles ne soit réglée.

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