Erdogan et la banque centrale turque en guerre ouverte

Erdogan et la banque centrale turque en guerre ouverte

Prise dans la tourmente, la livre turque s’est effondrée en quelques semaines. Afin de rétablir la situation et de juguler une inflation galopante, le président turc et la banque centrale préconisent des solutions diamétralement opposées. Le chef de l’Etat s’en est pris violemment à la Banque centrale juste avant que cette dernière ne revoie à la hausse son principal taux directeur. La guerre entre les deux camps est déclarée sur fond de crise de la livre qui ne cesse guère.

Le rôle d’une Banque centrale est difficile. Il faut mettre à disposition les outils les plus efficaces pour contribuer à la croissance économique tout en enrayant l’inflation à un niveau raisonnable. La situation devient périlleuse lorsque la monnaie est en chute libre comme en Turquie et que l’inflation devient galopante. Que dire lorsque à ce chaos monétaire s’ajoute une guerre de tranchée entre le président de la République et la Banque centrale ?

Ce jeudi, le président Erdogan s’en est pris à cette institution indépendante devant un parterre de financiers turcs. Erdogan a réaffirmé que « la Banque centrale est indépendante et prend ses propres décisions », mais n’a pas caché sa fureur au sujet d’une probable hausse des taux voulue par cette dernière. Une hausse qui est intervenue deux heures plus tard et qui fait passer le principal taux d’intérêt à 24 %. Un contresens selon le président turc qui affirme n’avoir « jamais vu une seule prévision de la banque centrale concernant l’inflation s’avérer juste ».

Pourtant, ces dernières heures ont plutôt tendance à montrer que la Banque centrale est dans le vrai. Les propos du président ont provoqué une baisse d’environ 3 % de la livre turque alors que l’annonce d’une hausse de taux a entraîné un rebond du même ordre. Pourtant, le président Erdogan a réitéré sa vision monétaire. « Les taux d’intérêt sont la cause et l’inflation est la conséquence. Si tu estimes que l’inflation est la cause et les taux d’intérêt la conséquence, alors tu n’as rien compris à cette affaire, camarade ».

La solution aux tourments de la livre turque ne fait pas l’unanimité. Des mesures drastiques se font pourtant attendre avec une monnaie qui a chuté de plus de 40 % de sa valeur par rapport au dollar depuis le début de l’année.

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