La livre turque sous pression américaine

La livre turque sous pression américaine

La livre turque est en pleine tourmente depuis le vendredi 10 août. Déjà qualifiée de « vendredi noir », cette journée a été marquée par le dévissement de 16 % de la livre turque par rapport au dollar. Un plongeon soudain qui s’explique par la montée des tensions entre les présidents Trump et Erdogan. Les deux hommes s’invectivent sur Twitter depuis plusieurs jours au sujet du sort d’un pasteur américain emprisonné en Turquie. Finalement, l’annonce d’un doublement des taxes sur l’acier et l’aluminium turcs a déclenché une bataille commerciale et monétaire.

Un plongeon de 16 % en un jour et la peur de voir la livre turque s’effondrer plus encore au cours des prochaines heures. La Turquie vit dans la crainte d’un crash de sa monnaie après l’engagement des hostilités par le président américain. Donald Trump cible la Turquie depuis plusieurs jours en raison de l’emprisonnement du pasteur américain Andrew Brunson. Ce dernier est accusé d’actions en relation avec des mouvements terroristes et est retenu captif par les autorités turques depuis deux ans. Le président américain a exigé sa libération et son retour aux Etats-Unis sans trouver le moindre écho positif à Ankara.

Cette pierre d’achoppement est assez grande pour être à l’origine d’une montée rapide des tensions aux niveaux commercial et économique. Le vendredi 10 août, Donald Trump a annoncé le doublement des taxes sur les importations d’acier et d’aluminium turcs et l’effet ne s’est pas fait attendre. La livre turque a décroché de 16 %. Ce lundi, la tendance est également à la baisse malgré l’annonce par le gouvernement turc d’un plan pour redresser sa monnaie et l’économie. Des annonces concrètes sont attendues et pourraient sauver une situation fort mal engagée.

Le monde de la finance a pris très au sérieux cette vague de sanction qui en appelle certainement d’autres si Donald Trump suit le même schéma que celui mis en place contre la Chine. Le motif d’une hausse des taxes est différent, mais les sanctions sont identiques. La Chine a les moyens économiques et financiers de répondre et de résister, mais les interrogations sont nombreuses quant à la capacité de réaction de la Turquie. La chute de la livre turque illustre les inquiétudes d’investisseurs qui ont déjà choisi le camp du dollar si d’aventure la crise entre ces deux pays membres de l’OTAN venait à se prolonger.

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