Athènes s’apprête à expulser deux diplomates russes

Athènes s’apprête à expulser deux diplomates russes

La Grèce et la Russie entretiennent de bonnes relations malgré la méfiance dont fait Moscou est l’objet à Bruxelles. Pourtant Athènes s’apprête à expulser deux diplomates russes de son territoire en raison de leur ingérence dans l’épineux accord qui vient d’être conclu avec la Macédoine. Les deux diplomates incriminés auraient tenté d’influencer les autorités du nord de la Grèce pour s’opposer au règlement d’un différent vieux de 27 ans.  

L’image de la Russie en Grèce risque d’être écornée après les révélations de la télévision publique Ert1. Deux diplomates russes auraient été interpellés « la semaine dernière en flagrant délit » d’ « ingérence » dans le règlement du conflit qui opposait la Grèce à son voisin du nord désigné sous le nom d’ex-République yougoslave de Macédoine. Plusieurs sources grecques confirment qu’il y a eu une ingérence russe dans le dossier macédonien. Des autorités du nord de la Grèce et l’influente communauté ecclésiastique du Mont-Athos auraient été approchées afin qu’elles prennent fait et cause contre l’accord portant sur le nom de la Macédoine du Nord.

Deux diplomates russes vont donc être expulsés et deux autres seront interdits de territoire. Le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué que « la Russie va prendre des mesures réciproques, comme c’est le cas habituellement dans de telles circonstances ». La tension monte d’un cran entre les deux pays, et c’est une première puisque même lors de la vague d’expulsions de diplomates russes en Europe, Athènes n’avait pas suivi le mouvement opéré par les autres capitales européennes. Il existe désormais un contentieux direct entre les deux pays et le porte-parole du gouvernement grec a déclaré que son gouvernement « veut des bonnes relations avec tous les États, mais ne peut pas accepter des attitudes violant le droit international et ne respectant pas les autorités grecques ». La communication entre les deux pays n’est toutefois pas rompue.

Cette ingérence russe intervient dans un dossier particulièrement sensible qui a abouti à un accord pour que l’ex-République yougoslave de Macédoine puisse prendre le nom officiel de Macédoine du Nord. L’accord doit encore suivre une longue procédure de ratification dans les deux pays afin qu’il entre en vigueur. Qu’est-ce que Moscou a à gagner en jouant contre un accord de la sorte ? Aucun élément de réponse n’a pour le moment été apporté, mais il est évident que cette affaire ne va pas aider à instaurer la confiance entre la Russie et ses partenaires européens.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.