Allemagne : l’impossible coalition

Allemagne : l’impossible coalition

Angela Merkel, inamovible chancelière depuis douze ans, serait-elle en train de connaître ses dernières heures à la tête de l’Allemagne ? La question se pose depuis sa victoire à la Pyrrhus le 24 septembre dernier. Elle revient avec plus de force encore en raison de l’échec des négociations pour former une nouvelle coalition. L’Allemagne est dans un entre-deux qui ne pourra pas durer et le départ de Merkel pourrait bien être la porte de sortie de cette crise post-électorale.  

Angela Merkel est une femme politique d’expérience et lorsqu’elle parlait de « gros obstacles » à surmonter avant le dernier round de négociations, elle savait pertinemment que la création d’une coalition ne se ferait pas sans des compromis de taille. Pourtant, les discussions patinent toujours entre les démocrates-chrétiens et les sociaux-démocrates (SPD) sur des questions essentielles. Merkel ne veut pas lâcher du lest sur sa politique migratoire, car cela serait renier une politique mise en place depuis plusieurs années. La chancelière cherche de la cohérence et l’image de sainte-protectrice des migrants alors que les Allemands sont de plus en plus dubitatifs quant à la politique des frontières ouvertes.

Les difficultés actuelles sont liées à la faiblesse de la CDU-CSU (et du SPD) qui s’expliquent notamment par la percée de l’extrême droite au Parlement. Le gâteau parlementaire a été partagé entre plus de partis politiques. Les marges de manœuvre sont moins importantes dans une Allemagne plus divisée et qui ne fait plus confiance à ses deux forces politiques historiques.

Les négociations semblent bien compromises car si Merkel ne peut pas trop céder, Martin Schluz est plus que jamais dans l’impasse. Le leader du SPD est le visage d’une défaite en rase campagne aux législatives et s’il met de côté son programme pour former une coalition avec Merkel, son appareil et ses électeurs sauront lui montrer le chemin de la retraite. L’Allemagne est paralysée et c’est toute l’Europe qui retient son souffle avec en premier lieu la France qui espère obtenir un avis rapidement au sujet des propositions de réforme de la zone euro.

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