La Chine officialise ses camps de rééducation

La Chine officialise ses camps de rééducation

La Chine fait face à une vague mondiale de désapprobation depuis qu’une loi reconnaît et autorise la construction de camps de rééducations. Des camps dont l’existence avait toujours été niée officiellement et qui sont destinées « rééduquer » à la minorité musulmane ouïghour. Pékin mène une politique de sinisation à marche forcée qui plonge les populations musulmanes dans un climat de peur.  

Souvent, une loi vient reconnaître des pratiques qui se sont développées au fil du temps. La Chine n’échappe pas à la règle, mais défraye la chronique avec une loi en date du 9 octobre qui autorise la construction de « centres de formations professionnels ». Une manière très politiquement correcte pour désigner des camps de rééducation qui existent déjà. Les observateurs dénoncent depuis plusieurs années de graves atteintes à la liberté contre les Ouïghours, une ethnie musulmane qui se concentre dans la province ouest du Xinjiang.

Sur les 14 millions de musulmans qui peuplent cette région, un million seraient déjà passé par ces camps de rééducation. Les détenus y apprennent des chants patriotiques à la gloire de Mao, reçoivent des cours d’histoire de Chine et sont incités à oublier leur appartenance culturelle et religieuse. Depuis 2017, la répression contre les Ouïghours s’intensifie et une grande campagne contre la nourriture halal a été lancée par les autorités.

Officiellement (donc), ces camps sont destinées à séparer les extrémistes du reste de la population. La Chine craint cette minorité ethnique et religieuse et son noyautage par des groupes violents issus de l’étranger. Pourtant, cette politique de répression semble être contre-productive avec des populations qui n’en peuvent plus de subir des contrôles d’identité et des brimades plusieurs fois par jour.

La communauté internationale n’a pas attendu l’annonce de l’existence officielle de ces camps pour exprimer sa réprobation. Dans un récent rapport du Congrès américain, les parlementaires de tous bords n’hésitent pas à parler de « répression sans précédent », laquelle pourrait constituer « un crime contre l’humanité ». Un pays musulman comme le Pakistan a également fait part de sa colère vis-à-vis d’une politique anti-musulmane qui ne dit pas son nom. Mais comme pour toutes les questions qui relèvent de sa seule souveraineté, la Chine ne changera pas d’un iota malgré les atermoiements de ses partenaires et voisins.

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