Serbie-Croatie : Djokovic fait les frais d’un nationalisme toujours présent

Serbie-Croatie : Djokovic fait les frais d’un nationalisme toujours présent

Le sport et la politique ne font pas toujours bon ménage. Au moment où la presse française s’interroge sur de possibles retombées politiques pour le président Emmanuel Macron en cas de victoire finale de l’équipe de France, la présence de la Croatie en quart de finale ne laisse pas indifférent en Serbie. Un député serbe s’en est pris au champion de tennis Novak Djokovic pour son soutien à l’équipe de football croate. Les blessures de la guerre ne sont toujours pas refermées pour certains responsables politiques.  

Adulé dans son pays, la Serbie, Novak Djokovic s’est trouvé un ennemi en la personne du député Vladimir Djukanovic, membre du Parti serbe du progrès (SNS). Ce dernier fulmine depuis que le champion de tennis a fait part de son soutien à l’équipe croate lors du mondial de football duquel la Serbie a déjà été éliminée. Sur Twitter, le député a laissé éclater sa colère : « Seuls des idiots peuvent soutenir la Croatie. Novak tu n’as pas honte ? Je répète que tous ceux qui soutiendront la Croatie contre la Russie sont des psychopathes et des fous, mûrs pour être internés en asile ».

Les mots sont durs et complètement disproportionnés à l’encontre de celui qui porte actuellement les couleurs de la Serbie sur les courts de tennis de Wimbledon. Le député Djukanovic a été gentiment rappelé à l’ordre par le président de la République serbe (qui est issu du même parti). Le chef de l’Etat a rappelé que « chacun a le droit de soutenir qui il veut » dans la mesure où la Serbie « est une société démocratique  ». Un retour à la raison qui n’efface pourtant pas des propos qui rappellent le ressentiment très fort de certains Serbes à l’encontre de la Croatie (la réciproque est aussi vraie).

Les communautés serbes et croates restent marquées par la guerre du début des années 1990 et il est regrettable que l’exemple de sportifs de haut niveau comme Djokovic et Modric (qui se dont affichés ensemble sur les réseaux sociaux) ne soit pas suivi par les responsables politiques.

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