L’Autriche part en guerre contre l’ « Islam politique »

L’Autriche part en guerre contre l’ « Islam politique »

Les relations entre Vienne et Ankara sont très tendues depuis plusieurs mois. L’arrivée du très conservateur Sebastian Kurz en décembre 2017 combiné à la pression de plus en plus forte des autorités turques dans les pays où sa diaspora est présente ont envenimé les relations entre les deux pays. Un nouvel échelon vient d’être gravi avec l’annonce de l’expulsion du territoire autrichien d’une soixantaine d’imams.

L’ « Islam politique » n’a pas sa place en Autriche. C’est le message que souhaite faire passer le Premier ministre Sebastian Kurz en direction d’autorités turques promptes à politiser les enseignements qui ont lieu dans les mosquées dirigées par sa diaspora. Dans le collimateur de Vienne depuis deux mois, ces mosquées sont plus que jamais pointées du doigt depuis que l’une d’entre elle a réalisé une reconstitution de la bataille de Gallipoli. Cette bataille de la Première Guerre mondiale a constitué un choc entre les armées ottomane (alliées à l’Allemagne) et britannique. La reconstitution dont les images ont été in fine diffusées dans les médias a choqué l’opinion publique autrichienne en raison de la jeunesse des figurants et d’une mise en scène mortifère où l’on pouvait voir notamment les « morts » enroulés dans un drapeau turc.

Ce goût artistique plus que douteux sert donc de prétexte pour lancer une grande campagne contre l’ « Islam politique ». Le Premier ministre autrichien a expliqué lors de la conférence de presse de vendredi dernier que « des sociétés parallèles, l’islam politique et la radicalisation n’ont pas leur place dans notre pays ». Cette volonté de canaliser l’Islam aura pour conséquence le renvoi d’environ 60 imams et de leurs familles selon le ministère autrichien de l’Intérieur.

Sebastian Kurz veut une « tolérance zéro » alors que les autorités turques ont réagi très rapidement en dénonçant une politique « raciste et islamophobe ». Le porte-parole de la présidence turque a enfoncé le clou en affirmant que « la position idéologique du gouvernement autrichien allait à l’encontre des principes du droit universel, des politiques de cohésion sociale, du droit des minorités et de l’éthique de coexistence ».

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