L’affaire Skripal va-t-elle assombrir la relation russo-britannique ?

L’affaire Skripal va-t-elle assombrir la relation russo-britannique ?

Qui a tenté d’assassiner Sergueï Skripal et sa fille ? En lisant le CV de cet ancien espion russe, nombreux sont ceux qui osent affirmer d’emblée que Moscou est derrière une attaque ravivant le souvenir d’Alexandre Litvinenko. Les deux hommes partagent tous les deux un passé d’agent secret russe et comme Litvinenko en 2006, Skripal pourrait avoir été empoisonné. Si le gouvernement britannique ne porte aucune accusation directe, certains commentaires ne laissent place qu’à peu de doutes.

Que s’est-il passé dans la ville tranquille de Salisbury dimanche dernier ? Sergueï Skripal et sa fille Yulia ont été retrouvés inconscients sur un banc public. Transportés en urgence à l’hôpital, ils luttent encore entre la vie et la mort après avoir été atteints d’un mal qui a rapidement fait penser à l’empoissonnement de l’ex-espion russe Alexandre Litvinenko. Agent russe passé au service du renseignement britannique, Skripal a été condamné en 2006 par la justice russe. Ce dernier aurait trahi plusieurs agents russes et a finalement été échangé en 2010 contre des agents dormants repérés aux Etats-Unis.

L’histoire digne d’un scenario de film d’espionnage aurait pu en rester là, mais la découverte de Skripal et de sa fille donne le sentiment à de nombreux Britanniques que Moscou n’a pas tourné la page. Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson n’a pas hésité à qualifier la Russie de « force maligne et perturbatrice » tout en faisant un rapprochement avec la mort de Litvinenko.

Le ministre britannique de l’Intérieur a préféré rester beaucoup plus prudent contrairement au député conservateur Nick Boles qui s’insurge contre le maintien de relations diplomatiques « avec un pays qui assassine des gens sur le sol britannique ». Une enquête pour le moins bâclée par ce parlementaire, mais qui illustre le niveau de méfiance vis-à-vis de Moscou. Les autorités russes dénoncent quant à elles une « campagne anti-russe ».

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