Vers un divorce à l’amiable entre l’Eglise et l’Etat grecs

Vers un divorce à l’amiable entre l’Eglise et l’Etat grecs

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, et le chef de l’Eglise grecque orthodoxe, l’archevêque Ieronymos, ont signé un accord qui devrait aboutir à une distanciation historique entre les deux parties. Le texte – qui doit encore être ratifié par le Parlement et le Synode de l’Eglise – prévoit que les religieux orthodoxes ne seront plus considérés come des fonctionnaires payés par l’Etat. Une avancée vers la laïcisation du pays qui pose toutefois de nombreuses questions.  

Alexis Tsipras n’a jamais caché son absence de religiosité et son manque d’enthousiasme à l’égard de l’Eglise grecque orthodoxe. Le Premier ministre grec n’a pas fait baptiser ses enfants dans un pays à l’immense majorité orthodoxe et où l’Eglise dispose d’un poids encore réel sur la société. C’est pour se défaire de cette relation particulière que le chef du Gouvernement a conclu un accord avec l’archevêque Ieronymos. L’accord considéré comme « bénéfique pour les deux parties » selon Alexis Tsipras vise à donner « plus d’autonomie à l’Eglise ». Une manière diplomate de dire que l’Etat veut couper progressivement le cordon avec l’Eglise orthodoxe.

Le point le plus important de cet accord qui en compte quinze prévoit la fin du statut de fonctionnaire pour tous les religieux et laïcs travaillant pour l’Eglise. En compensation l’Etat s’engage à verser une aide financière de l’ordre de 200 millions d’euros chaque année – soit l’équivalent actuel des salaires du clergé. Si ce dernier augmente sa masse salariale, l’Etat ne sera pas tenu de payer la différence. Il s’agit d’un début de divorce à l’amiable entre les deux parties que dénoncent des popes courroucés de voir des décisions aussi importantes prises sans leur accord.

Ils auront toutefois leur mot à dire puisque pour entrer en vigueur, il devra passer entre les fourches caudines du synode de l’Eglise et du parlement grec. Si cet accord est finalement ratifié, la question de la mise en place du paiement annuel de 200 millions à l’Eglise va se poser en des termes très pratiques. Aucun fonds ou administration n’existe pour donner corps à ce changement profond et les salariés de l’Eglise s’inquiètent du paiement de leur retraite et de leur couverture sociale.

Le Gouvernement, lui, entend rendre la mesure attractive auprès des Grecs, en affirmant que les 10 000 places de fonctionnaires aujourd’hui occupées par l’Eglise constituent autant de places qui vont s’ouvrir dans d’autres secteurs de la fonction publique. Il n’est toutefois pas certain que les Grecs acceptent une manœuvre qui risque par ailleurs de déplaire à une Commission européenne qui va voir débarquer 10 000 nouveaux fonctionnaires en plus des 200 millions d’euros annuels que devra verser l’Etat à l’Eglise orthodoxe. Le sujet n’a pas fini de faire couler beaucoup d’encre.

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