Paradise Papers : la lame de fond(s) de l’évasion fiscale

Paradise Papers : la lame de fond(s) de l’évasion fiscale

Depuis le 5 novembre, les puissants que compte ce monde tremblent de voir leur nom dans la presse. Les révélations des Paradise Papers touchent des personnalités de tous les continents et des multinationales pour un montant total de 350 milliards de dollars. L’évasion fiscale est devenue un véritable mode de fonctionnement pour de nombreuses entités qui jonglent avec les millions.

Les Paradise Papers constituent une information de portée mondiale. Avec 96 médias issus de 67 pays, le long travail dirigé par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) fait trembler plus d’une personnalité et entreprise. Chaque jour apporte son nouveau lot de révélations et si la plupart des montages financiers semblent légaux, ils ne s’accordent pas bien avec la morale.

Ce problème d’éthique est particulièrement singulier pour certaines stars comme Bono et Shakira qui sont engagés dans des œuvres de charité depuis des années. Leur engagement envers les plus vulnérables contribue à leur image positive, mais à l’heure de payer des impôts, leur engagement civique semble quelque peu plus réservé. Ainsi, Bono serait actionnaire d’une entreprise maltaise (Malte est un paradis fiscal) qui aurait investi dans un centre commercial en Lituanie hors du cadre légal. La chanteuse colombienne Shakira aurait des accointances avec les Bermudes, le Luxembourg et Malte afin de préserver l’intégralité de ses droits d’auteur.

La liste des personnalités mentionnées ne cesse de grandir : Madonna, Lewis Hamilton, la reine d’Angleterre et le prince héritier, le secrétaire américain au commerce, un proche du Premier ministre canadien Justin Trudeau… Aucun secteur n’est épargné par des révélations qui mettent également à mal les dessous fiscaux de certaines multinationales.

Ainsi, Uber, Dassault et Nike font partie des entreprises épinglées pour leur stratégie de contournement de l’impôt. La palme revient toutefois au géant américain Apple qui aurait caché pas moins de 128 milliards de dollars dans différents paradis fiscaux. La firme assure qu’il n’y a rien d’illégal et a fait savoir dans un communiqué qu’elle « croit en la responsabilité de chaque entreprise de payer ses impôts et, en tant que plus important contribuable au monde, Apple paie chaque dollar dû dans chaque pays du monde ».

Il n’est pas certain que ce type de déclarations sauve l’image de marque d’une entreprise allergique à l’impôt.

Laisser un commentaire