Bientôt un Gouvernement pro-russe en Lettonie ?

Bientôt un Gouvernement pro-russe en Lettonie ?

Le Parti Harmonie a remporté les élections législatives lettones du 6 octobre 2018. Une victoire dont les fruits restent encore à cueillir puisque cette formation pro-russe n’a jamais réussi à s’emparer du pouvoir malgré de précédents succès dans les urnes. Les électeurs ont en effet réparti leurs votes entre sept partis, et il faudra conclure un pacte gouvernemental pour diriger un pays dont un quart de la population est russophone.  

L’actuelle coalition lettone a connu une lourde défaite dans les urnes hier soir. Le parti de centre-droit du Premier ministre n’a recueilli que 10 % des suffrages tandis qu’Harmonie caracole en tête avec 19,9 % des suffrages. KPV LV s’empare de la seconde place avec 14,06 % des voix et se pose en allié crédible d’Harmonie. Le Nouveau Parti conservateur, une alliance libérale et l’Alliance nationale font tous mieux que le Parti du Premier ministre avec respectivement 13,6 %, 12 % et 11 % des voix. Seul un second parti de centre droit (Nouvelle Unité) fait moins bien avec seulement 6,7 % des suffrages.

La Lettonie apparaît donc morcelée sur le plan électoral et le pays devra recourir à une nouvelle coalition pour être gouvernée. En tête avec une projection de 24 sièges à la Chambre des députés, Harmonie devra trouver des alliés solides. Contrairement aux trois fois précédentes où le parti était arrivé en tête, la formation d’une coalition semble possible. Harmonie a officiellement coupé les ponts avec Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine, ce qui a permis de détendre les relations avec ses possibles partenaires en Lettonie. Harmonie doit trouver une combinaison qui lui permettra de s’assurer au moins 51 des 100 sièges en jeu.

Aucun triomphalisme n’était visible hier à l’annonce des premiers résultats. Les leaders d’Harmonie savent que le chemin vers le pouvoir est semé d’embuches. Le parti qui prône des liens forts avec la Russie sans toutefois sortir de l’OTAN, de l’euro et de l’Union européenne. Des garanties qui ne suffiront pas pour convaincre ceux qui voient d’un mauvais œil l’arrivée d’un parti pro-russe dans un pays où un quart de la population est russophone.

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