Le gouvernement français perd le fil face aux gilets jaunes

Le gouvernement français perd le fil face aux gilets jaunes

Au milieu du gué. Le gouvernement d’Edouard Philippe compte aujourd’hui les points deux jours après l’annonce de plusieurs mesures censées calmer les esprits. Ce jeudi est également l’avant-veille d’une grande journée de mobilisation où de nouveaux débordements sont redoutés. La fronde ne semble pas devoir se dissiper et l’exécutif est déjà à court d’arguments mais aussi d’une certaine crédibilité.

Après le refus de « changer de cap », le gouvernement a finalement plié (mais pas rompu) devant le mouvement des gilets jaunes. Trois semaines d’une intense mobilisation partout en France auront finalement suffi à enrayer la machine d’un exécutif qui a surfé depuis plus d’un an sur sa capacité à réformer la France. Une capacité qui s’est muée en incapacité dès lors qu’une nouvelle hausse de la taxe carbone a été actée. Les Français ont exigé la suppression de cette prochaine taxe et ce n’est qu’à l’issue de trois semaines de protestations et de blocages que le gouvernement a enfin fait un geste en direction des gilets jaunes.

En fait, Edouard Philippe a effectué trois gestes envers les gilets jaunes. La suspension pour six mois de la hausse de la taxe carbone, la suspension de la hausse des tarifs du gaz et de l’électricité et le moratoire (de six mois également) de l’entrée en vigueur d’un contrôle technique plus drastique pour les automobilistes. Le gouvernement ne souhaite pas être associé aux termes de « reculade » ou de « rétropédalage », mais les réactions ne vont même pas dans le sens espéré. Beaucoup de gilets jaunes appellent au maintien des blocages et des manifestations. Ils veulent une suppression des taxes et non pas leur ajournement.

La mobilisation ne semble pas devoir freiner malgré les annonces d’un gouvernement qui laisse peu à peu la porte entrouverte à l’idée que les taxes ajournées pourraient éventuellement être supprimées. Tous les regards sont déjà tournés vers le samedi 8 décembre. Les violences qui ont secoué les rues de Paris ont fortement marqué les Français même si cela n’a pas ralenti le sentiment d’adhésion qui exprime un ras-le-bol fiscal connu depuis longtemps, mais mal appréhendé par les derniers gouvernements. Si la manifestation parisienne ne se déroule pas dans le calme, l’exécutif risque de perdre plus encore en crédibilité, car dans l’incapacité de faire face à des bandes de casseurs.

Une crédibilité déjà écornée sur le plan de la fiscalité écologique au moment où se déroule la COP24. Le gouvernement renonce à une réforme emblématique alors qu’il avait promis d’être le fer de lance de la transition énergétique en Europe. Il n’y a que des mauvais choix qui s’invitent dans le jeu gouvernemental et il faudra actionner le moins pire pour éviter de nouvelles désillusions à un pouvoir en souffrance.

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