L’ouragan Conte souffle sur l’UE

L’ouragan Conte souffle sur l’UE

Finalement parvenu à la présidence du Conseil italien après une victoire dans les urnes, mais des réticences exprimées par le président de la République, Giuseppe Conte a livré son premier discours devant les sénateurs avant un vote de confiance. Si les propos ont été plus que rassurants sur l’appartenance de Rome à l’Union européenne, ses prises de position sur l’immigration et la politique internationale risquent de provoquer des remous. 

L’Union européenne est « notre maison », mais « «l’Italie, en tant que pays fondateur, a le droit de revendiquer une Europe plus forte et plus équitable». Les propos du tout nouveau président du Conseil italien rassurent autant qu’ils inquiètent à Bruxelles. L’économiste âgé de 54 ans, novice en politique, n’a pas omis de parler des sujets qui fâchent à commencer par l’économie. « Combler le différentiel de croissance entre l’Italie et l’Europe sera notre objectif » a assuré Conte. Le nouvel homme fort du pays estime que les 131,5 % de dette sont « soutenables » et que leur réduction devra se faire via la croissance et non des mesures d’austérité largement rejetées par les électeurs italiens.

Le nouvel exécutif italien ne sera pas prêt à tous les compromis sur les questions économiques et il semble encore moins enclin à ne pas mettre en œuvre son discours sur l’immigration. Et dans ce cas, l’UE est directement visée : « Nous ne sommes pas racistes et nous ne le serons jamais, mais l’Italie ne peut pas rester seule face au problème de l’immigration! ». Conte ajoute qu’il faudra « combattre avec détermination les trafics d’êtres humains qui prospèrent sous le couvert d’une fausse solidarité » avec le concours de tous les pays européens – même ceux qui ont fermé leurs frontières et dénoncé la politique des quotas.

La nomination du leader de La Ligue, Matteo Salvini, au poste de Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur vient entériner l’idée que le nouveau gouvernement italien sera beaucoup inflexible sur la question migratoire. Autre, sujet délicat au niveau européen, les relations avec la Russie ont largement été évoquées. Conte appelle à une « révision » des sanctions faute de pouvoir parvenir à une annulation pure et simple. Un rapprochement économique espéré avec Moscou qui ne doit pas faire peur aux Etats-Unis qualifiés de « partenaire privilégié ».

L’arrivée de Conte sur la scène italienne et européenne risque d’entraîner d’âpres débats avec un homme qui revendique le populisme de sa coalition : « Si le populisme est la capacité d’écouter les besoins du peuple, alors nous nous en revendiquons ».

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