Black Tuesday pour Theresa May

Black Tuesday pour Theresa May

La démocratie parlementaire se révèle parfois des plus douloureuses pour l’exécutif. La Première ministre Theresa May se souviendra longtemps du mardi 4 décembre 2018. Avant même de donner le coup d’envoi de cinq jours de débats devant déboucher sur un vote primordial au sujet du Brexit, May a perdu trois arbitrages coup sur coup. La défiance est installée et il sera difficile de convaincre une majorité de parlementaires de voter en faveur de l’accord sur le Brexit conclu avec Bruxelles.

Theresa May savait que la partie la plus ardue serait le rendez-vous avec les parlementaires britanniques. Après deux années de négociations et un accord finalement trouvé avec Bruxelles, il reste un ultime obstacle à franchir pour que le Brexit puisse devenir réalité. Oui, mais quel obstacle ! La Chambre des Communes a montré au premier jour des débats sur l’accord du Brexit, qu’elle allait donner du fil à retordre à la cheffe de l’exécutif. En un peu plus d’une heure, May a subi trois revers cuisants.

Une courte majorité a voté une motion exigeant la publication de l’intégralité d’un avis juridique concernant l’accord conclu avec l’Union européenne. Un long avis dont les conclusions ne sont pas explosives, mais dont la publication partielle a été considérée comme un « outrage au Parlement ». L’expression est forte dans une démocratie est particulièrement destructrice dans le pays qui a vu naître le parlementarisme. Le gouvernement avait précédemment tenté de renvoyer la question de savoir s’il y avait eu « outrage au Parlement » à un comité de la Chambre des Communes. Une tentative rejetée par une majorité de parlementaires.

Enfin, le troisième échec est bien plus sérieux dans la perspective du prochain vote au Parlement sur le Brexit. Ce dernier aura lieu le 11 décembre. Un renforcement du de droit de regard de la Chambre des Communes sur de futures négociations avec Bruxelles dans le cas où l’accord est rejeté dans une semaine a été voté. Ce dernier semble plus que jamais morcelé et isolé. Une situation qui n’a pas échappé à Theresa May dans son discours d’hier. La Première ministre a perdu beaucoup de ses ministres au cours des deux années écoulées et il se pourrait fort qu’elle ait déjà perdu sa courte majorité au Parlement.

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