L’Ouzbékistan au coeur de la Nouvelle route de la soie

L’Ouzbékistan au coeur de la Nouvelle route de la soie

Depuis deux ans, l’Ouzbékistan multiplie les signes d’ouverture politique et économique. Son président, Shavkat Mirziyoyev, ambitionne de développer des connectivités via une Nouvelle route de la Soie et faire de son pays un nouvel axe commercial incontournable entre la Chine et l’Europe.

C’est l’un des pays les plus enclavés d’Asie centrale, voire du Monde. Il fut isolé de la scène internationale pendant des décennies. Mais depuis deux ans, l’Ouzbékistan entame une ouverture politique et une libéralisation économique sans précédent. Tachkent affiche l’ambition de renouer des relations avec l’étranger afin de jouer de sa position stratégique et de redessiner les contours d’une route de la Soie.

Cette ancienne république soviétique concentre à elle seule la moitié de la population d’Asie centrale et elle a l’ambition de retrouver une place de premier plan. Cette stratégie est due à l’arrivée de Shavkat Mirziyoyev au pouvoir et à sa nouvelle politique étrangère inédite dans la région. Pour sortir de l’isolement, entretenu par son prédécesseur, le nouveau président souhaite construire un réseau de connexion avec ses voisins, qui permettrait de mettre en place « un corridor de transit pour la livraison des marchandises étrangères entre les marchés asiatiques, centrasiatiques et européens », comme il le dit lui-même en décembre 2017 devant le parlement ouzbek.

Cette volonté d’ouverture et d’interconnectivité oblige Tachkent à séduire les acteurs régionaux de première importance comme l’Iran, le Turkménistan qui développent eux-mêmes des lignes avec l’Afghanistan, et la Chine. D’ailleurs, en septembre 2013 déjà, le président chinois Xi Jinping en parle dans son discours à l’Université du Kazakhstan : il souhaite développer ses connectivités via une « Nouvelle route de la Soie ». Désormais surnommée Initiative route et ceinture (Belt and Road Initiative B&R), ce vaste projet de construction de routes s’étendra à travers l’Eurasie dans plus de 65 pays. Dans ce contexte, l’Ouzbékistan deviendrait donc un axe de transit majeur et un nouvel axe commercial incontournable entre la Chine et l’Europe.

L’occasion aussi pour l’Ouzbékistan d’accélérer la libéralisation de son économie à travers un ambitieux programme de réformes. D’après la Banque mondiale, l’économie ouzbèke est dynamique : en croissance de 5,3% en 2017, elle devrait croître de 5% en 2018 et en 2019. Ses principaux clients sont la Suisse (essentiellement de l’or, à hauteur de 38,7% des exportations ouzbèkes), la Russie (10,7%), et bien sûr la Chine (15,5%). Les produits énergétiques, le coton, les métaux et les engrais représentent les ¾ de ses exportations. D’ailleurs, la France est le 8ème client de l’Ouzbékistan en 2016 d’après la Direction Générale du Trésor, avec 0,9% des exportations ouzbèkes.

Selon le Quai d’Orsay, l’Ouzbékistan « connaît depuis 2017 plus de réformes qu’il n’en a connues en 25 ans ». Shavkat Mirziyoyev sera reçu à l’Elysée les 8 et 9 octobre prochain.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.