La Macédoine : un conflit de deux millénaires en voie de règlement ?

La Macédoine : un conflit de deux millénaires en voie de règlement ?

Ce dimanche 4 février, des milliers de citoyens grecs ont investi les rues d’Athènes pour s’opposer à l’utilisation du nom de « Macédoine » pour désigner l’ancienne République Yougoslave de… Macédoine. Derrière ce conflit qui fait parler de lui depuis un quart de siècle, des questions de politique, d’histoire et de prestige se pressent. Les Gouvernements grecs et macédoniens sont à la table des négociations, mais la rue grecque signifient depuis plusieurs semaines que l’appellation « Macédoine » ne peut-être utilisée que pour la région du nord de la Grèce.  

Lorsque l’Histoire et les peuples s’entremêlent, il est bien difficile de trouver un terrain d’entente raisonnable. Cette difficulté se rencontre aujourd’hui avec les négociations pour entériner définitivement le nom de l’ancienne République Yougoslave de Macédoine. La logique voudrait que son nom soit « Macédoine », mais il est déjà utilisé par la région du nord de la Grèce dont la principale ville est Thessalonique. Une région grecque et un Etat indépendant portant le même nom pourraient co-exister, mais beaucoup de Grecs estiment qu’il s’agirait là d’une menace pour leur intégrité territoriale. Un pays du nom de Macédoine finirait par revendiquer la région grecque du même nom.

C’est pourquoi, la Grèce fait pression depuis vingt-cinq ans sur son voisin du nord pour l’amener à un nom beaucoup moins polémique de son point de vue. Ainsi, la Grèce s’évertue de mettre son veto à l’entrée de l’ancienne République créée par Tito au sein de l’Union européenne et à l’OTAN. Des pressions qui ont finalement amené le gouvernement de Macédoine à la table des négociations sous l’égide de l’ONU.

Plusieurs propositions sont évoquées à l’instar de « République de Nouvelle Macédoine » ou « Macédoine du Nord ». Une ligne rouge franchie selon les manifestants qui ont battu le pavé ce dimanche. Ils étaient 140 000 selon la police contre 1,5 million selon les organisateurs à exprimer devant le parlement grec le refus de toute utilisation du terme « Macédoine » par ce qui reste officiellement encore l’Ancienne république yougoslave de Macédoine (Arym).

Aucun accord n’a été trouvé pour le moment et nul doute que la partie ne sera pas terminée une fois ce dernier conclu. En effet, l’Arym devra modifier sa Constitution pour adopter son nouveau nom et le Parlement grec devra également voter en faveur du texte signé avec son voisin. La Macédoine a connu de nombreuses réalités géographiques depuis plus de 2 000 ans et un accord entériné par les deux parties pourrait mettre fin à une longue dispute qui secoue régulièrement le sud de l’Europe.

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