L’opposition géorgienne dénonce une élection présidentielle truquée

L’opposition géorgienne dénonce une élection présidentielle truquée

L’élection de Salomé Zourabichvili à la présidence de la République géorgienne fait couler beaucoup d’encre. Née à Paris et de nationalité française, Zourabichvili est la première femme à occuper ce poste plutôt symbolique aux pouvoirs extrêmement limités. Aujourd’hui, ce n’est pas tant le profil atypique de l’heureuse élue qui fait la Une, mais plutôt les cris de l’opposition qui s’insurge contre une « élection volée ».

Le parcours de Salomé Zourabichvili, nouvelle présidente de la Géorgie, sort complètement des sentiers battus. Née en France dans une famille géorgienne en exil, Zourabichvili entre au service de la diplomatie française dans les années 1970 où elle occupe plusieurs postes prestigieux. Ambassadrice de France en Géorgie de 2003 à 2004, elle quitte ses fonctions après avoir été appelée par le président Mikheil Saakachvili à prendre la tête de la diplomatie géorgienne. Elle reçoit alors la nationalité géorgienne. Brouillée avec son ancien mentor en politique géorgienne (qui vit en exil depuis 2013), elle n’en poursuit pas moins sa carrière et devient députée en 2016. Investie par le parti au pouvoir, elle remporte finalement l’élection présidentielle le 28 novembre 2018.

Pourtant, l’affaire pourrait tourner court. C’est en tout cas l’intention de l’opposition qui ne décolère pas après la publication des résultats. Grigol Vachadzé, le candidat de l’alliance des oppositions n’a recueilli que 40,48 % des voix à l’issue du second tour. Un score à peine plus important qu’au soir du premier tour au terme duquel il était au coude à coude avec Salomé Zourabichvili. Donné légèrement en tête des sondages avant le deuxième tour, Grigol Vachadzé a été largement dépassé par sa concurrente qui a recueilli officiellement 59,52 % des suffrages.

Ce dimanche 2 juillet, Vachadzé a réuni plusieurs milliers de ses soutiens à Tbilissi à l’occasion d’un meeting de protestation. « Notre plan est simple. Nous voulons que ce soi-disant gouvernement entende la voix du peuple géorgien. Tout le monde sait que ces élections étaient truquées. Tous les observateurs internationaux le confirment. Nous demandons fermement à rester dans le cadre de la constitution et de la législation géorgienne » a déclaré le leader de l’opposition. Des affirmations qui ne sont pas (entièrement) partagées par Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe qui s’est félicitée d’un « second tour du scrutin concurrentiel » où « les candidats ont pu faire campagne librement » même si « l’utilisation abusive » des moyens de l’Etat et de « potentielles intimidations » à l’encontre d’électeurs ont été notées.

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