L’AKP dans la tourmente

L’AKP dans la tourmente

Depuis plusieurs semaines, les maires AKP (parti du pouvoir du président Erdogan) ont démissionné après avoir été invités par les instances du parti à prendre du recul. Les maires des quatre plus grandes villes turques ont ainsi passé la main dans ce qui ressemble à une purge feutrée. L’AKP et le Recep Tayyip Erdogan voient leur popularité mise à mal et ce nouvel épisode de la vie politique turque semble destiné à assurer un succès lors des prochaines élections présidentielles et législatives de 2019. Une stratégie gagnante ?

Le 22 septembre dernier, Kadir Topbaş annonçait son départ de la mairie d’Istanbul après 13 ans de règne sur la capitale économique turque. Un départ qui signait le début d’une nouvelle stratégie pour le pouvoir. Depuis, les maires des trois autres villes les plus importantes du pays (Ankara, Bursa et Balikesir) ont été contraints de suivre l’exemple de Kadir Topbaş. Toutes ces mairies sont pourtant sous pavillon de l’AKP, mais l’exécutif turc juge que la perte de popularité qui s’est constatée lors la courte victoire au referendum constitutionnel d’avril 2017 (51,4 %) est due à une mauvaise gestion des municipalités.

Ces départs ont fait grand bruit dans le pays et dans une moindre mesure à l’étranger. Ahmet Edip Ugur, maire de Balikesir a participé au malaise de toute une nation lorsqu’il a déclaré en larmes devoir renoncer à son mandat après avoir été menacé (ainsi que sa famille). Dans son discours d’adieu, très ému, il s’est interrogé sur la place du mérite et de la loyauté dans l’actuelle Turquie.

A dix-huit mois des élections législatives et présidentielles, le pouvoir tente de reprendre la main par la base en remplaçant des caciques qui n’auraient pas permis de maintenir une large majorité de la population dans le giron de l’AKP. La méthode est plutôt brutale et risque de diviser plus encore une population turque qui se partage entre pro et anti-Erdogan.

Laisser un commentaire