L’euro fête ses vingt ans sans grand enthousiasme

L’euro fête ses vingt ans sans grand enthousiasme

Le 1er janvier 2019, l’euro a célébré son vingtième anniversaire. Une célébration sans faste tant l’euro fait l’objet de réactions contrastées. Perçue comme un outil de puissance par ses promoteurs, la monnaie unique n’a pas convaincu nombre de citoyens qui lui reprochent une hausse sensible de l’inflation. Si l’euro a su résister à deux crises importantes, il est admet toujours les faiblesses décrites par les économistes au moment de sa création.

Le 1er janvier 1999, onze Etats membres de l’UE faisaient l’histoire en instaurant une monnaie unique. Une nouvelle page dont la rédaction a d’abord été difficile puisque l’euro a plongé par rapport au dollar, la monnaie de référence que devait justement concurrencer l’euro. Ce n’est qu’en juillet 2002 que l’euro finit par reprendre le dessus sur le billet vert pour ne plus lâcher la main. De ce point de vue, l’euro a démontré sa force et est devenu la seconde monnaie la plus utilisée au monde. 340 millions de citoyens européens répartis dans dix-neuf pays utilisent tous les jours l’euro et toutes les banques centrales ont constitué des réserves en euro.

Malgré ses succès d’estime, le dollar domine toujours outrageusement les échanges mondiaux et l’euro est désormais concurrencé par d’autres monnaies issues de pays émergents. Pire, la monnaie unique n’est pas parvenue à dépasser ses faiblesses initiales qui ont fait dire à de nombreux économistes que cette monnaie était vouée à l’échec. En résistant à la crise financière de 2008 et à la crise de la dette souveraine à partir de 2012, l’euro a contrecarré les prédictions les plus sombres quant à son avenir. Cependant, le compte n’est pas tout à fait rond.

Comme lors de sa création, la monnaie unique souffre d’économies très différentes où les besoins sont parfois radicalement opposés. Rien qu’entre les trois premières économies de la zone euro (Allemagne, France, Italie), les disparités sont si grandes que l’euro devient un frein là où il est un atout pour d’autres. Le problème a éclaté avec plus de force encore avec l’entrée de la Grèce dans la zone euro malgré des comptes publics insatisfaisants. L’explosion économico-financière qui a frappé le pays à partir de 2012 a eu l’effet d’un électrochoc et aujourd’hui l’euro est dans le collimateur de nombreux partis dits populistes. Si les sondages montrent qu’une majorité de citoyens européens reste attaché à la monnaie unique, l’idée d’un retour aux monnaies nationales et/ou l’introduction d’une monnaie commune au lieu d’une monnaie unique fait peu à peu son chemin. L’euro pourra-t-il fêter son quarantième anniversaire le 1er janvier 2019 ? Rien n’est encore certain.

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