L’UE dans la tempête de l’acier américain

L’UE dans la tempête de l’acier américain

Chose promise, chose due. Donald Trump avait promis à ses électeurs qu’il protégerait l’industrie américaine en rendant plus coûteuses les importations. Le président américain avait enclenché le processus de relèvement des droits de douane sur l’acier et l’aluminium au mois de mars. Les négociations avec l’UE n’ayant pas abouti, Trump a mis ses menaces à exécutions et place les pays européens face à un immense défi.

Les droits de douane sur l’acier et l’aluminium ont donc finalement été augmentés à hauteur de 25 % et 10 %. Les Européens savaient que le coup serait porté et n’ont pu que déplorer une décision « unilatérale » qualifiée d’ « illégale » par la chancelière allemande et le président français. Le coût économique est relativement faible puisque l’UE exporte assez peu ces matériaux vers les Etats-Unis, mais ce geste hostile du président Trump donne des raisons de croire à un début de guerre commerciale aux conséquences difficiles à appréhender.

Les Européens sont désormais face à un choix compliqué. Ils se doivent de riposter sans prendre le « risque d’une escalade » trop poussée qui pourrait, à terme, faire très mal à l’économie européenne. Le président de la Commission européenne a réagi en expliquant que des mesures de rétorsion seraient prises contre les Etats-Unis, mais uniquement dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Certaines industries sont dans le viseur de l’UE à commencer par des symboles du consumérisme américain (jeans, beurre de cacahuète, etc.).

Les Européens souhaitent limiter la guerre commerciale, mais le président américain a déjà sorti une seconde flèche de son carquois en annonçant, le 23 mai, l’ouverture d’une enquête sur les importations aux Etats-Unis de véhicules et pièces détachées. Donald Trump s’est plaint à plusieurs reprises de voir trop de voitures de marques étrangères dans les rues américaines. Cette enquête ressemble à un premier pas vers des mesures coercitives dans un domaine beaucoup plus important pour le commerce européen.

L’escalade tant redoutée pourrait avoir lieu non pas en raison d’une réponse trop musclée des Européens, mais du fait d’un président Trump qui souhaiterait pousser son avantage trop loin.

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